L’adieu au Park

L’adieu au Park

Mercenaire : qui ne travaille que pour un salaire, est intéressé par le profit.

Dans le jargon footballistique: joueur étranger qui partira à la moindre offre plus intéressante.

Ils ont été nombreux, dans l’histoire de notre club. Et ne nous y méprenons pas: la grande majorité des joueurs étrangers ayant porté notre maillot n’aura jamais éprouvé un amour débordant pour celui-ci. Rares auront été les Routis ou les Vitkieviez, pour ne citer qu’eux.

Et comment leur en vouloir? On est rarement amoureux de l’entreprise dans laquelle on travaille, lorsque ce n’est pas la nôtre.

Certains nous auront fait rêver sur plus d’une saison. Personne n’a oublié Matrin Petrov à Genève, ni Wilson Oruma, Sonny Anderson, Hilton ou Kader (si si). Personne n’oubliera Stevanovic, Cognat ou Schalk.

D’autres nous auront fait rêver sur une durée plus courte. Malgré la pathétique période durant laquelle ils ont évolué sous nos couleurs, Karembeu et Valdivia auront marqué les supporters Grenat. N’Samé plus récemment.

Et puis il y a l’anomalie. L’exception. L’étoile filante du pays du matin calme.

6 matchs. 366 minutes de jeu. 4 buts. 2 assists. Rarement un joueur n’aura eu un impact aussi rapide. Jung-Bin Park aura pleinement profité de notre magnifique saison pour pratiquement tripler sa valeur, selon Transfermarkt (150K Euros à son arrivée, 400K aujourd’hui).

Deux choix s’offraient au Coréen de 26 ans. Reprendre le championnat et se voir offrir une prolongation automatique après 12 matchs joués, selon les termes de son contrat. Ou celle qu’il a donc choisie: nous quitter après 366 minutes de jeu, durant lesquelles il nous aura souvent ébloui. Mais ses baisers vers les tribunes et sa manière de venir haranguer le public, loués il y a encore 3 mois, paraissent à présent bien fades.

Difficile, en tant que supporter, de dissocier le coeur et la raison.

Le premier aurait aimé voir Park continuer, au moins une saison de plus. Ou au moins prolonger son contrat, que le club puisse faire de l’argent sur son transfert. Il n’aurait pas accepté d’autre choix.

La raison nous aurait dit qu’à 26 ans, une offre d’un championnat plus coté (Ligue 1?) est toujours difficilement refusable lorsque l’on est expatrié, sans réelle attache avec l’entreprise qui nous emploie.

Notre raison lui souhaitera bonne chance pour la suite de sa carrière. Le remerciera pour avoir apporté sa courte contribution à notre saison.

Notre coeur, quant à lui, nous rappellera que les étoiles filantes sont vite oubliées.

Cet article a 2 commentaires

  1. JayJay

    Son départ est bien malheureux. Il aurai du remplacé Wuthrich la saison prochaine mais son amour pour l’argent (comme Wuthrich) en a décidé autrement. J’hésite entre dire bon débarras ou être triste … Quoi qu’il en soit je pense que Servette a des ressources , dans son académie , et avec Gérard Bonneau pour remplacer nos mercenaires

  2. Fatton

    Park est un excellent joueur, il faut bien le reconnaître. Son départ est malheureux mais banal dans le foot business.

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