Interview Connor Bell
Non, ceci n'est pas la pelouse de la Praille après une attaque de champignons.

Interview Connor Bell

Un seul nom vient en tête lorsque l’on parle de joueurs anglais passés par notre si beau club : Martin Chivers. Et il n’y eu effectivement, dans notre histoire récente, pas d’autres sujets de sa Majesté ayant porté nos couleurs avec la première équipe.

Connor Bell aurait pu rejoindre le grand Chivers, s’asseyant même sur notre banc à quelques reprises, mais n’aura finalement effectué qu’une saison à l’Académie, en M21, avant de partir continuer son expatriation commencée dans notre belle République. Interview réalisée sur Instagram (oui, c’est possible) avec cet ancien de l’Académie de Sunderland et des sélections de jeunes des Three Lions.

Tu es né à Durham, dans le Nord Est de l’Angleterre.

Oui, près de Newcastle. Et j’adore ma ville. There’s no place like home! Je n’ai jamais rencontré mon père et ai donc été élevé par ma mère. Et c’est mon grand-père qui m’amenait à tous mes matchs. J’espère lui avoir rendu un tout petit peu en faisant carrière. Je me suis intéressé très tôt au football. J’ai reçu mon premier ballon à trois ans et étais scotché devant la télé dès qu’il y avait du foot.

Quelle équipe supportais-tu à cette époque?

J’ai toujours supporté Manchester United et ai même été abonné. Ce n’était pas évident d’y aller régulièrement comme je jouais aussi le week-end. Puis c’est vraiment devenu compliqué de m’y rendre une fois que je suis passé professionnel. Mais j’essaie d’aller à Old Trafford dès que j’en ai l’occasion.

Quel fut ton premier souvenir de supporter, dans un stade?

Mon premier souvenir était un derby entre Sunderland et Newcastle au Stadium of Light. Je jouais pour l’Academy de Sunderland à l’époque. Le club nous conseillait de nous rendre au stade aussi souvent que possible pour suivre la première équipe. Kieran Richardson avait marqué sur coup-franc et Sunderland avait gagné 1-0, si mes souvenirs sont bons.

Et ton meilleur souvenir de supporter, dans un stade?

Sans aucun doute possible la victoire de ManU contre Crystal Place en finale de FA Cup. On jouait à dix après l’expulsion de Chris Smalling et Jesse Lingard a marqué dans le temps additionnel. L’atmosphère dans Wembley était indescriptible! Voir mon club gagner la FA Cup est un souvenir que je garderai pour toujours.

Peux-tu revenir sur tes années de formation en Angleterre et ton arrivée au Servette?

J’ai joué pour l’Académie de Sunderland de 11 à 15 ans et étais aussi régulièrement appelé en équipe nationale. Je suis ensuite parti à Rotherham pendant deux ans. Deux années qui ont été pleines de blessures. J’ai eu ma première grosse opération du genou. Wrexham m’a alors proposé un contrat, et je m’y suis malheureusement fait l’autre genou. Adam Owen*, qui travaillait à l’époque avec Wrexham, m’a recommandé au club à son arrivée.

Je suis venu effectuer un essai qui s’est vite avéré concluant et ai signé mon contrat avec le club. Je rêvais d’un nouveau challenge après toutes ses blessures. Honnêtement, je ne connaissais pas grand chose du club à mon arrivée. Mais je me suis renseigné sur sa riche histoire. La place énorme qu’il occupe dans le football suisse. Ca a donc été un très grand honneur de jouer pour les Grenat.

Comment se sont passés tes débuts à Genève? Ton acclimatation?

Mon premier jour a été compliqué! J’étais dans le vestiaire de la première équipe, je me suis entrainé avec eux. Mais j’étais plutôt stressé, à cause de la barrière de la langue. Heureusement les gars ont été géniaux avec moi. J’ai tout de suis senti que je faisais partie du groupe. Le club me payait des cours de français trois fois par semaine, j’ai donc appris le français assez rapidement. Genève est vraiment une ville spectactulaire. L’une des plus belles villes que j’aie visitées. Le bord du lac est magnifique et je me souviendrai toujours de la gentillesse des gens. J’aimerais beaucoup revenir un jour.

Ton ancien coéquipier ici, Léo Lecureux (gardien, Etoile Carouge), nous a demandé si tu te souvenais de votre dernière soirée au stage à Valence?

Ahahah! Le voyage a Valence nous a fait un bien fou après la trêve hivernale. On y a fait une super semaine de camp d’entrainement avec un bon résultat en amical contre le Rapid de Vienne dans lequel j’avais d’ailleurs inscrit un but. Le coach, William Niederhauser, nous avait laissé la soirée, comme nous n’avions plus de matchs à disputer. Et je ne m souviens de rien du tout à partir de 21h, pour être honnête!

Il nous a aussi parlé d’un match à Conthey…

J’avais pas forcément envie de m’en rappeler! On jouait à Conthey et on était tous les deux un peu énervés car remplaçants pour ce match. J’avais toujours envie de jouer! Le coach m’a fait rentrer et j’ai raté une occasion vraiment immanquable. Ca m’a pas aidé à l’époque. Merci pour le souvenir, Léo!

Tu as assisté à plusieurs matchs au Stade de la Praille. Quels souvenirs en gardes-tu?

Le Stade de Genève est fantastique et tu peux sentir l’histoire du club quand tu y es. J’ai eu la chance d’y jouer et d’y marquer, ce sont des sentiments vraiment forts, devant des fans passionnés. Je suis content pour le club et ses supporters qu’ils soient de retour à leur place, en Super League.

Tu as continué à voyager après ton départ du club.

Oui. Après Servette, je suis parti en Championship écossaise (2è division) où j’ai joué pour Inverness. On a raté l’accession aux playoffs pour la montée à la dernière journée. Je joue aujourd’hui pour Preston Lions, un club près de Melbourne en deuxième division australienne. C’est vraiment une chance incroyable d’être footballeur.

Quels sont les meilleurs joueurs avec lesquels tu as évolué?

Ruben Lotftus-Cheeks avec l’Angleterre. Il jouait défenseur central à l’époque mais est ensuite passé au milieu de terrain à Chelsea et en équipe nationale. Il peut vraiment faire une énorme carrière. Jean-Pierre Nsamé m’a aussi beaucoup marqué. Super gars sur et en dehors du terrain. Il a vraiment été cool avec moi. Il a mérité son transfert à YB et ça a été dingue de le voir jouer contre Manchester United! Un des meilleurs finisseurs avec lesquels j’ai joué. On restait d’ailleurs souvent ensemble à travailler après les entrainements.

As-tu encore des contacts avec tes anciens coéquipiers servettiens?

Oui, je parle encore avec beaucoup d’entre eux. Luca Gazzetta, Boris Cespedes, Romain Kursnan et évidemment Léo. J’ai vraiment envie de revenir à Genève et tous les revoir, mais ce n’est pas évident avec le foot. Les gars me manquent beaucoup!

*Adam Owen a été entraineur assistant du Servette de 2014 à 2017. Egalement préparateur physique de l’équipe nationale du Pays de Galles de 2009 à 2018.

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