Interview Joël Kiassumbua
Un lion et un léopard.

Interview Joël Kiassumbua

Champion du Monde U17 avec la Suisse, titulaire en sélection du Congo et remplaçant au Servette. La carrière de Joël Kiassumbua, débutée sur les chapeaux de roues n’a pas (encore?) complètement répondu aux attentes qu’il s’était fixées en rentrant du Nigéria auréolé d’un titre mondial unique dans l’histoire du football suisse. Entretien avec un homme qui rêve du Qatar en 2022 et d’une place de titulaire en club.

Comment as-tu commencé le foot?

Dans le club de mon quartier à Lucerne. J’ai commencé comme joueur de champ, à l’instar de la plupart des gardiens. J’ai été placé dans les cages un jour où le gardien titulaire était malade. Comme j’étais le plus grand en taille, c’est tombé sur moi. Et depuis ce jour je suis toujours resté dans les buts.

Tu as ensuite rejoint le FC Lucerne.

Un de mes camarades de classe y jouait et le club permettait à ses jeunes, une fois par an, d’inviter un ami à venir s’entrainer avec eux. Il m’a invité et j’ai tout de suite tapé dans l’oeil des coachs. C’est comme ça que je suis arrivé au FC Lucerne

Ce n’était pas évident au début, il y avait vraiment une grande différence au niveau technique et tactique entre ceux qui étaient déjà là et moi qui venais de mon club de quartier. Mais on était des gamins, des potes, et ce n’était que du plaisir à cet âge-là.

Tu es très vite arrivé en équipe de suisse, où tu as évolué des U15 aux U18, avec comme point d’orgue ce titre de champions du monde U17 en 2009 au Nigeria.

Oui, j’ai commencé en équipe nationale dès que j’ai été en âge d’y aller. J’ai donc vite compris que j’avais du talent et que je pourrais faire carrière dans le foot. C’est à partir de là que je m’y suis vraiment concentré à 100%.

Et puis il y a eu le Nigéria en 2009. C’était la première fois que les U17 suisses se qualifiaient pour une Coupe du Monde. C’était aussi ma première fois en Afrique. Je me rappelle qu’avant de partir, tout le monde me disait qu’on reviendrait vite au pays et qu’on finirait derniers de notre groupe. On avait 16-17 ans et on est vraiment partis dans l’anonymat.

Et puis on gagne cette Coupe du Monde sans perdre aucun de nos sept matchs. C’était dingue. Personne ne nous connaissait quand on est parti au Nigéria, et à notre retour en Suisse des milliers de gens nous attendaient à l’aéroport, avec des médias qui venaient de partout. Ça n’a pas été facile à gérér.

Je pense que ce titre était une bénédiction, mais aussi un peu un malheur. Savoir gérer une situation comme celle-là n’est pas facile quand tu es un gamin de 16 ans. Je pensais que tout allait changer pour moi. J’étais encore avec les moins de 18 à Lucerne et ça ne me suffisait plus. Je voulais percer tout de suite, commencer à m’entraîner avec la première équipe.

Tu avais pris la grosse tête?

Clairement. Encore une fois j’avais 16 ans, je recevais des cadeaux de partout. J’étais invité à la télévision, tout le monde me connaissait à Lucerne. Même en retournant au club les gens ne me voyaient plus de la même façon. Je pense qu’à cette époque nous n’avons pas reçu assez d’aide au niveau mental. On n’avait personne à côté de nous pour nous guider. On a dû apprendre seuls. J’ai peut-être pensé que le plus dur avait été fait avec ce titre. J’ai travaillé avec un peu moins de sérieux, je me suis relâché.

Il y aussi eu cet essai à Stoke peu de temps après ton retour de la Coupe du Monde, où ça ne s’est finalement pas fait pour une histoire d’indemnité de formation.

Oui, on a tous eu beaucoup de contacts avec plein d’agents après la Coupe du Monde. J’ai été faire une semaine d’essai à Stoke City, en décembre 2009. Tout se passait bien avec l’équipe et ils m’ont demandé de rester une semaine supplémentaire.

Et à la fin Stoke voulait me signer, Lucerne était d’accord que j’y aille. Mais comme j’étais encore sous contrat avec eux et mineur, Stoke devait payer des indemnités de formation. C’était une grosse somme, 750’000 francs si je ne me trompe pas. Les dirigeants de Stoke m’ont dit qu’à ce prix-là ils pouvaient acheter un gardien avec plus d’expérience. Je suis donc rentré en Suisse. Et quelques semaines plus tard ils ont engagé Asmir Begovic.

Tu reprends d’abord avec les U21 de Lucerne, puis en prêt à Kriens où tu n’auras pas eu l’occasion de jouer. Tu partiras ensuite à Rapperswil, où tu n’auras jamais eu ta chance non plus.

J’ai signé à Rapperswil à cause encore une fois des indemnités de formation. GC s’intéressait à moi et voulait me signer. Pour éviter de payer les indemnités j’ai été à Rapperswil qui est leur club partenaire, comme ça ils pouvaient me récupérer gratuitement en fin de saison, une fois majeur.

C’était une période difficile. Je m’entrainais tôt le matin à Zurich avec GC, le soir j’allais m’entrainer à Rapperswil et je rentrais ensuite dormir à Lucerne. Tout ça en train.

J’ai été numéro 1 dès mon arrivée à Rapperswil, qui avait fait beaucoup parler aussi à cause du titre de champion du monde. Et je n’arrive pas à être performant. Après c’était vraiment un club amateur, il n’y avait pas d’entraineur pour les gardiens. Mais ce n’était pas uniquement dû à ça, c’était moi aussi qui n’arrivait pas à gérer.

J’ai joué 6 matchs et j’ai dû prendre 15 buts, quelque chose comme ça. Je perds donc ma place et reste sur le banc jusqu’à la trêve hivernale, quand j’ai décidé de quitter le club. Je me levais à 5 heures le matin pour aller à Zurich et je rentrais chez moi le soir à minuit, je trouvais que ça n’en valait plus la peine. Donc je casse mon contrat en étant sûr de retrouver autre chose rapidement.

Et tu ne trouves rien durant le mercato hivernal.

J’avais des agents qui me faisaient beaucoup de promesses. Ils me persuadaient qu’ils allaient me trouver un club. Et moi j’ai toujours eu confiance en mon talent. J’ai toujours sur que je percerai un jour. Mais rien n’arrive.

Tu commences à douter à ce moment-là?

C’est clair. Les premières semaines je me disais que ça irait, que je suis jeune et champion du monde. Mais ce n’est pas facile pour un gardien de trouver un club en hiver. Il faut qu’il y ait une blessure ou un autre transfert. Et ça n’a pas été le cas.

J’ai douté, mais je n’ai jamais commencer à remettre en cause le foot. C’est sûr que je me suis posé beaucoup de questions. J’avais 18 ans, tous mes potes comme Granit Xhaka ou Ricardo Rodriguez commençaient à percer et moi j’étais sans club. Mais j’ai la chance d’avoir eu ma famille qui me soutenait et m’a toujours donné beaucoup de force. Je suis aussi chrétien et j’ai toujours cru en ce talent que Dieu m’a donné.

Je m’entrainais seul ou parfois avec des clubs de 2è Ligue Inter, j’allais à la salle de muscu. Il fallait vraiment que je reste en forme. Et puis ça a un peu commencé à bouger. J’ai fait 2 mois d’essai à Wintherthur, mais là encore je reste sans club jusqu’au mois d’août.

Et là Wohlen te recrute.

Exactement. David Sesa, qui était alors le coach du club, cherchait un troisième gardien. Il m’appelle et me propose de venir faire un essai, le dimanche matin. Je ne connaissais pas vraiment Wohlen, j’y avais seulement été une fois avec Kriens en Challenge League, mais je ne savais même pas vraiment où ça se trouvait.

J’y ai été le dimanche matin et ils m’ont proposé de revenir le mercredi suivant pour un match amical contre GC. Ils prendraient une décision après ce match. Je rentre en deuxième mi-temps et je sors absolument tout. Et le Président du club m’offre un contrat presque immédiatement ensuite.

On est à l’été 2012 et ce n’est finalement que 2 ans plus tard, en 2014, que tu gagnes ta place de titulaire à Wohlen.

J’avais signé en 2012 comme troisième gardien. C’était vraiment un contrat de cacahuètes (sic). Je gagnais 500 francs par mois, mais j’étais content de m’entraîner tous les jours, de me remettre dans le rythme avec la première équipe, mais je jouais surtout avec la deuxième au début, en 2è Ligue Inter.

Puis j’ai commencé à intégrer la première équipe suite à un incident qu’il y avait eu entre le gardien titulaire de l’époque et l’entraineur des gardiens. Du coup je passe numéro 2. Entre temps Ciriaco Sforza avait remplacé Sesa comme entraineur alors que nous étions derniers à la trêve hivernale. Je connaissais Sforza depuis Lucerne, je savais qu’à un moment il donnerait sa chance aux jeunes.

Il m’a donné beaucoup de confiance dès son arrivée. Je ne jouais pas, mais il me préparait à assumer ce rôle. Puis durant l’été on a eu une discussion, et il m’a dit que son choix de numéro un pour la saison suivante s’était arrêté sur moi. Ma carrière a vraiment commencé à ce moment-là. Et jusqu’à maintenant je considère Wohlen comme ma deuxième maison. Ce club restera toujours dans mon coeur.

Environ un an plus tard, en 2015, tu es appelé pour la première fois avec la sélection congolaise. J’ai lu sur ta page wikipedia que tu avais d’ailleurs dû abandonner la nationalité Suisse car le Congo ne permet pas la double nationalité.

Non alors ça ce n’est pas vrai. C’est vrai que le Congo ne permet pas d’avoir une autre nationalité. Mais dans ces cas-là la FIFA autorise les joueurs à avoir un passeport de travail. Du coup je n’ai pas la nationalité congolaise. Je n’aurai pas abandonné mon passeport suisse comme ça!

Et pour revenir à la sélection, la première convocation est arrivée à l’hiver 2015. C’était lors de ma première saison comme titulaire en Challenge League à Wohlen, durant laquelle on finit deuxième. On était devant à la trêve, ça se jouait entre nous, Servette et Lugano. Il me semble qu’on avait même onze points d’avance à un moment. Et un jour le Président vient dans le vestiaire et nous dit que le club n’a pas les moyens de monter en Super League. À partir de là tout le monde dans l’équipe à commencer à regarder ailleurs. On finit donc malgré tout deuxième. Un magnifique souvenir.

Comment se sont passés les premiers contacts avec la sélection congolaise?

Les premiers contacts ont eu lieu sur internet par l’intermédiaire d’un journaliste congolais qui a une page ( rdcfoot.com ) où il informe un peu sur les joueurs bi-nationaux. Il m’a posé quelques questions sur mon parcours, m’a demandé si je serai intéressé à intégrer l’équipe nationale un jour. Et c’est comme ça que ça a commencé.

Tu n’avais à cette époque-là encore jamais mis les pieds au Congo. Quel rapport entretenait tu avec la terre de ton père?

Mon rapport avec le Congo était quand même assez costaud. Mais j’ai vraiment les deux côtés en moi. Un côté très suisse et mon côté congolais avec ma joie, la musique aussi. Par contre pour la nourriture je suis plus Suisse. Je gère mieux la nourriture épicée maintenant mais avant c’était difficile!

J’ai encore beaucoup de famille sur place aussi. Ils étaient douze enfants du côté de mon père, qui est le plus âgé de la fratrie. Et la majorité sont toujours à Kinshasa.

Qu’est-ce que tu as ressenti lors de ton premier voyage?

Ce n’était pas évident émotionnellement. J’avais été au Nigéria mais ce n’était pas le même rapport. J’ai été vraiment vexé de voir toute cette pauvreté partout. Il y avait également des milliers de personnes à l’aéroport qui voulaient nous embrasser, qui pleuraient… J’étais un peu sous le choc. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire. C’était beaucoup.

Et je me dis que c’est une bénédiction d’être là où je suis aujourd’hui. J’essaie d’aider comme je peux. Je demande régulièrement à mes sponsors Adidas et Reusch de me donner leurs invendus et je reviens chaque fois au pays avec des valises remplies de matériel. J’aide aussi des écoles qui s’occupent d’enfants albinos, qui sont souvent très maltraités.

Tu déclarais dans une interview pour Le Temps en 2017 ne pas vraiment connaître le Congo malgré une dizaine de voyages, à cause de la routine hôtel-terrain-hôtel de la sélection nationale. As-tu depuis eu l’occasion de le découvrir plus?

Non, je n’ai toujours pas encore vraiment eu le temps découvrir le pays. Notre programme est vraiment très strict. C’est toujours cette routine hôtel-terrain et dès que tu peux tu rentres à la maison. Les clubs ont aussi un peu peur et veulent toujours que les choses se passent strictement.

En 2017 tu fais partie des 23 sélectionnés pour disputer la CAN au Gabon. Quels souvenirs en gardes-tu?

C’était vraiment un rêve d’y participer. Quand j’étais jeune avec mon Papa dès qu’il y avait la CAN on était branchés sur Eurosport. Le Congo avait fini troisième de l’édition précédente et je rêvais vraiment de pouvoir être de ceux qui iraient au Gabon.

Après niveau organisation, c’était un peu Koh-Lanta. C’était compliqué. Tout dépendait des villes dans lesquelles tu jouais. Quand tu es à Libreville, la capitale, c’est bon. Il y a de bons hotels où tu es bien, tu manges bien. Nous on était à Oyem, une ville un peu dans la forêt. Les conditions n’étaient pas les mêmes que dans la capitale! Ça a été une expérience incroyable. On est malheureusement sortis en 1/4 de finale contre le Ghana, mais c’était vraiment magique.

Le Congo est le quatrième pays le plus peuplé d’Afrique, mais n’a disputé qu’une seule phase finale de Coupe du Monde, en Allemagne en 1974. J’imagine que les attentes autour de la sélection sont énormes.

Oui, on doit clairement aller chercher la qualification pour le Qatar. On a raté la Coupe du Monde 2018 lors du dernier match il y a 4 ans, contre la Tunisie. On menait 2-0 et étions virtuellement qualifiés et on prend 2 buts en 2 minutes qui nous éliminent et c’est la Tunisie qui y est allée. Un vrai cauchemar. Mais se qualifier sera dur et on voit aussi en Afrique qu’il n’y a plus de petites équipes. On s’est fait sortir de la dernière CAN par Madagascar par exemple, alors qu’on les avait battus en qualifications deux ans auparavant 6-1 chez eux.

Le peuple congolais est très, très exigeant par rapport au foot et à la sélection. C’est souvent nous qui apportons la joie aux gens. On leur permet d’oublier ce qu’il se passe autour d’eux. Pour te dire la vérité, j’avais un peu peur les premières fois au Stade des Martyrs (stade de l’équipe nationale). C’est un stade de 80’000 places mais il y a souvent plus de 100’000 supporters. Pour les entrainements de la sélection ils sont parfois 40’000. Et si tu ne gagnes pas, tu ne sors pas du stade!

Mon premier match officiel comme titulaire c’était en novembre 2019 contre le Gabon. Donc il y avait quand même des Aubameyang ou Lemina en face. J’avais une grosse pression aussi parce que je ne joue pas en club. C’était un peu quitte ou double. Et je finis homme du match. Je n’ai plus quitté les cages de la sélection depuis ce jour.

On va revenir en Suisse. Après 5 saisons tu quittes l’Argovie et Wohlen pour partir à Lugano.

Je sortais de trois saisons comme titulaire et je sentais que c’était le moment de faire le prochain pas. Il me restait encore une année de contrat mais j’avais besoin d’un nouveau challenge. Je pars donc à Lugano qui était à l’époque entrainé par Pierluigi Tami, que je connaissais des sélections espoirs suisses. Il me dit dès le départ que je signe comme numéro deux, derrière David da Costa qui venait d’arriver d’Italie (Novara, Serie B). Il connaissait aussi déjà bien le championnat pour avoir évolué à Zurich plusieurs saisons.

Da Costa joue bien au début, mais ses performances ont commencé à décliner durant la saison. Après une quatrième défaite d’affilée, le coach me lance contre St Gall. On gagne le match. On joue le suivant à Lucerne en Coupe d’Europe contre les israéliens de Beer Sheva (le stade de Lugano n’est pas homologué pour l’Europe). Je joue et on gagne encore.

On affronte ensuite YB en championnat et on perd 2-1. Steve Rouiller marque notre but, et moi je prends un coup-franc de Sulejmani de mon côté. Là les critiques pleuvent et Da Costa récupère la place de numéro un. Et à la reprise du championnat en février il continue à faire de mauvaises performances. Je reprends la place et finis la saison dans les buts.

Et là tu quittes Lugano et la Super League pour venir nous rejoindre en Challenge League. Pourquoi ce choix?

Tami avait perdu son poste avant la fin de la saison après une série de trois défaites consécutives au profit de Guille Abascal. Un coach très jeune qui devait avoir 2-3 ans de plus que moi. Et je me suis rendu compte dès la première semaine que ça ne passerait pas. C’était d’ailleurs le cas de plusieurs autres joueurs, dont Steve (Rouiller).

Et peu avant la fin de la saison le club signe Baumann. Un peu le même profil que moi, juste plus jeune. Noam c’est comme mon petit frère, on se connaît depuis Lucerne. Je comprends donc que ma place serait de nouveau en jeu, d’autant que Da Costa avait encore un contrat à long terme. Je finis malgré tout la saison comme titulaire et durant l’été, l’entraineur des gardiens vient me voir et me conseille de chercher un club. Il confirme que dans les plans du coach ça sera compliqué pour moi.

Je recommence quand même à faire la préparation avec l’équipe, mais Abascal me met de côté. Et c’est là que le Servette me contacte. Comme les deux clubs entretiennent de bonnes relations, le transfert a été assez facile. C’était Constantin Georges qui m’avait contacté par le biais de mon agent, il disait que le club avait besoin d’un gardien comme moi. Je n’étais pas vraiment convaincu au départ, mais ça n’allait vraiment pas avec Abascal qui comptait même m’envoyer avec les M21. J’ai finalement accepté l’offre de Servette au dernier moment.

Tu arrives avec le rôle de doublure de Jérémy Frick?

Pas forcément. Je pensais faire mes matchs parce que le rôle de Jérémy, que je connais depuis très longtemps, n’était pas assuré non plus à 100%. Le club recherchait un gardien qui jouait un peu plus au foot, bref, il cherchait à me flatter, à me faire comprendre que je pourrais jouer. J’ai eu des offres de Grèce ou de Roumanie, mais signer là-bas à 25 ans ne m’intéressait pas. Donc le Servette était la meilleure solution pour moi.

Comment l’as-tu vécu quand tu as compris que tu ne passerais pas devant Frick?

Ça m’a frustré. Je ne m’attendais pas à jouer immédiatement, parce que j’étais arrivé fin-août (le 27), alors que la saison avait déjà repris depuis plus d’un mois. Puis vient le match de coupe de Suisse en septembre contre Lucerne. Je me dis que c’est le moment parfait pour me lancer, je m’attends à jouer. Et je vois que le coach ne m’aligne pas. J’ai eu ensuite environ un mois où je n’étais vraiment pas bien. Je n’ai pas été loin de craquer.

Mais Jérémy et moi avons toujours eu une concurrence vraiment saine. Et je ne dis pas ça juste pour le dire. C’est la vérité. J’ai beaucoup de respect pour lui et je pense que c’est pareil de son côté. Au final on a les deux envie de jouer et d’aider l’équipe, mais la décision revient au coach. Et il faut l’accepter.

Comment as-tu vécu le titre et la montée, dans ton rôle de doublure? Est-ce qu’on vit ces moments différemment quand on est moins impliqué sur le terrain?

Tu ne peux pas le vivre de la même façon. On est des athlètes, notre but est d’être performants et de jouer. Je mentirai si je te disais que ça ne me faisais rien. Je ne suis pas heureux quand je ne suis pas sur le terrain. Mais il ne faut pas qu’on me comprenne mal: c’était vraiment une saison inoubliable et on a vécu des moments extraordinaires, c’était la fête toute la saison. On était tellement soudés, c’était magique. Mais j’aurais aimé pouvoir apporter plus.

Tu seras en fin de contrat cet été. Est-ce qu’il y aurait une prolongation en vue?

Tout est ouvert. Le club connaît mes ambitions, j’ai envie de garder ma place de titulaire en sélection nationale et de jouer au foot. Je suis un compétiteur et c’est quelque chose qui ne changera jamais. Il me reste encore 5 mois de contrat et je ne veux rien fermer.

Pour le moment je suis là, je vais donner mon maximum et le reste viendra de lui-même. Je sais que tout le monde m’apprécie au club, le vestiaire et les coachs aussi. Je suis bien à Genève et je sais que je suis capable de jouer comme titulaire au Servette.

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