Interview Miguel Rodrigues (FC Thun)
Le grenat lui allait si bien.

Interview Miguel Rodrigues (FC Thun)

C’est depuis la plus belle région de Suisse, l’Oberland bernois, que Miguel aura répondu à nos questions. Du stade des Trois-Chênes à la Praille en passant par le Stade de Suisse, de Lanza à N’Samé. Retour sur sa jeune carrière, son départ du club qui en aura fâché certains, et ses ambitions futures.

Où et comment as-tu vécu le confinement?
Chez moi à Thoune avec ma copine et mon chien. Je suis aussi rentré un peu à Genève voir la famille.

Une journée type en mode confinement? Déjà c’était se lever tôt pour pas perdre le rythme. 8h, 8h30. Je faisais mon programme d’entrainement. Courir 45 minutes, travailler des choses plus spécifiques comme les sprints. Tous les jours du lundi au samedi à 17h je faisais un live Instagram avec deux personnes de Miami. Des gars vraiment top. On faisait un workout, pour travailler tout le corps. Plusieurs joueurs étaient présents tous les jours dont Cuadrado, Matuidi, beaucoup de joueurs de l’Atletico Madrid…

Tu es né à Genève de parents portugais. Ça supportait quelle équipe à la maison?
Ça supportait et ça supporte toujours le Benfica!

Où et quand as-tu commencé le foot?
J’ai commencé à 5 ans au CS Chênois, le club du quartier. J’y ai fait toutes mes classes jusqu’à mes 11 ans. J’ai pratiquement toujours joué défenseur central, sauf tout jeune où je jouais souvent attaquant. J’ai d’ailleurs inscrit pas mal de buts à cette époque!

Ton premier souvenir dans un stade
Ça doit être à Chênois, à l’époque où le club évoluait à un bon niveau. Ils participaient parfois à des tournois internationaux et j’ai pu voir Besiktas, Porto et d’autres grandes équipes au stade des Trois-Chênes. Pour moi à l’époque c’était quelque chose de fabuleux. Après mon premier gros souvenir c’était mon premier match en pro avec Servette à Chiasso, sur un terrain misérable. Boueux, c’était une catastrophe. Mais on a gagné.

Comment as-tu rejoint le Servette?
Par l’inévitable Christian Lanza. J’étais alors en C Inter à Chênois où j’étais surclassé. Etoile Carouge était également intéressé. Mais j’ai rejoint le Servette en moins de 14 avec donc Christian Lanza comme entraineur.

Le club représentait quoi pour toi à l’époque?
Le club phare de la ville et le meilleur club de Suisse. Et il l’est d’ailleurs toujours! C’était vraiment une fierté immense, mais il y avait aussi de l’appréhension de rejoindre le club à 11 ans. Je me disais que j’aurai peut-être plus de chance de jouer à Carouge. Mais bon, c’est sur qu’entre Servette et Carouge le choix est vite fait.

Tu as ensuite fait ton chemin vers la première équipe en 2014.
Exactement. J’étais titulaire en première équipe avec Jean-Michel Aeby, qui m’a tout de suite fait confiance. C’était vraiment une fierté d’être là à 18 ans. Surtout à un poste comme défenseur central où il faut de l’expérience, être le patron. C’était quelque chose de spécial pour moi! Après malheureusement je me fais mes premiers croisés. A mon retour le club était en Promotion League. J’ai pu jouer la Youth League, les qualifications pour l’Euro avec l’équipe de Suisse M21. A cette époque-là j’enchainais parfois trois matchs par semaine. Le dimanche avec Servette, le mercredi avec l’équipe Suisse et ensuite la Youth League. Compliqué!

Cette année-là effectivement tes anciens coéquipiers en U18 ont été champions suisses avec à la clé une qualification pour la Youth League à laquelle tu as pu participer.
Le club avait le droit d’inscrire 3 joueurs de 1996 dans l’équipe pour la Youth League et j’ai été pris. Je revenais tout juste de mes deuxièmes croisés et j’étais donc vraiment heureux d’y être. On avait une sacrée équipe! On a joué Anderlecht et Villareal, c’était génial. C’est quand même la Champions League! Ce sont des moments que tu n’oublies pas. Surtout à Villareal. J’ai été vraiment choqué par le terrain, les structures… C’était un truc de fou. Anderlecht pareil. Enorme. On était tous très heureux de participer à cette compétition.

Vient ensuite un sujet qui a fâché certains supporters du club : ton départ pour Thoune. Peux-tu revenir sur les circonstances qui t’ont amenées à partir et pourquoi à Thoune?
On était en Challenge League avec Meho Kodro, et je n’avais pas beaucoup de temps de jeu. A cet âge-là (21 ans) il faut jouer! Je sais que les supporters n’étaient pas contents de mon départ et ça a été un moment vraiment difficile pour moi.

« Il revient de deux croisés, le club fait tout pour lui et il part comme ça? ».

C’est vrai que je peux comprendre les supporters et je ne leur en veux pas. Mais à ce moment-là c’était une chance incroyable qu’un club de Super League s’intéresse à moi. Surtout, encore une fois, après deux blessures comme celles que j’ai eues. J’ai donc tenté ma chance.

Tu en es maintenant à ta troisième saison dans l’Oberland bernois. Comment juges-tu ta progression?
La première saison a été compliquée parce que je suis arrivé blessé. Le genou était un peu bloqué, j’avais des douleurs. J’ai dû faire une arthroscopie, un nettoyage du genou. C’était bien enflammé. Sûrement à cause des cicatrices. Je n’ai pu reprendre les entrainements qu’en avril et j’ai ensuite pu jouer mon premier match contre GC où j’ai joué les 30 dernières minutes.

Ça a ensuite été beaucoup mieux la saison passée. J’ai pratiquement joué tous les matchs. On a réalisé une super saison avec une quatrième place en championnat et la finale de la Coupe contre Bâle. J’ai ensuite repris en tant que titulaire cette saison, également titulaire en Europa League contre le Spartak Moscou. Le coach a ensuite fait des choix et je n’ai plus eu beaucoup de temps de jeu. Sans véritable raison, juste un choix de sa part. Je ne l’ai donc pas très bien compris, mes coéquipiers non plus. Mais bon, c’est le coach qui décide et il faut l’accepter.

Tu n’as d’ailleurs pas joué lors de votre défaite contre Servette à la maison cette saison.
Non. J’étais encore titulaire à l’époque mais blessé pour ce match. Vraiment dommage. Mais je suis tellement content pour le club et pour Genève que Servette soit de retour en Super League. Il font une saison incroyable.

Ton rêve absolu dans le foot, si tu avais une baguette magique?
Jouer pour Benfica. C’est vraiment mon rêve depuis tout petit. Tu me proposes n’importe quel autre club, Barca, Real, je choisis Benfica!

Un coéquipier qui t’a spécialement marqué
Il y en a plein. Mais je dirai notre capitaine à Thoune, Dennis Hediger. J’ai rarament vu un footballeur aussi pro que lui. Toujours entrain de bosser après les entrainements, toujours des séances en plus. Aucun écart de nutrition, mais vraiment aucun.

Comme défenseur, quel est l’attaquant qui t’as le plus impressionné?
Je pense que c’est Ajeti, quand il était à Bâle. Très très fort, vraiment difficile à gérer. Franchement, il m’a impressionné quand j’ai joué contre lui. Il y en a eu beaucoup d’autres, mais lui est vraiment celui qui m’a le plus impressionné.

Le ou les meilleur(s) coach(s) que tu aies eu et pourquoi
Oulaaa. Il y en eu aussi pas mal. Il y en a deux… Non trois. Christian Lanza d’abord, le loup blanc comme on l’appelle. Vraiment le top! Duchosal ensuite en moins de 16, qui m’a beaucoup aidé à progresser mentalement. Il ne blaguait pas, il était super dur. T’avais intérêt à faire ce qu’il te demandait, sinon tu pouvais être sur que tu prendrais cher! Mais il était top aussi. Il m’a vraiment changé. Et ensuite Massimo Lombardo en U18. Excellent. Il a son propre style! Il aimait bien nous tailler, mais niveau tactique et technique il était vraiment top.

Le public le plus chaud que tu aies affronté
Franchement, compliqué. Il y a eu YB la saison passée chez eux, ils étaient premiers et nous deuxièmes et c’était une ambiance de folie. Le stade plein, j’avais carrément les frissons en rentrant sur le terrain. J’avais jamais vu ça auparavant. Exceptionnel! Ensuite le match à Moscou contre le Spartak. Ils ont un public incroyable. Ils font un bruit… énorme! Sur le terrain c’est quelque chose de dingue. Ça m’a choqué sur le moment. J’ai été impressionné.

Ton plus beau souvenir dans un stade
Il y en a eu pas mal, mais je pense que c’était la promotion en Challenge League avec Servette. Même si j’étais en béquilles à ce moment-là, c’était vraiment un truc de fou. Mon plus beau souvenir jusqu’à maintenant.

Quelles sont tes attentes pour la fin de saison?
Jouer un maximum et aider le club à se maintenir en Super League. Je suis vraiment bien revenu physiquement, j’ai perdu 2-3 kilos. J’ai bien séché. Au final j’aurai bien profité de cette “pause Corona” pour m’améliorer athlétiquement. Il nous reste 13 matchs pour attraper le maintien. Ca va être dur mais il faudra pas lâcher. Surtout qu’on commence avec un match très important à Neuchâtel.

Cet article a 1 commentaire

  1. Verónica

    Tu est le meilleur cousin . On croit en toi et bientôt ton rêve va se réaliser (Jogar no estádio da Luz com a camisola do Benfica) ne perd pas l’espoir.

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