Plaidoyer pour l’Europe
Prochaine tournée le 27 août

Plaidoyer pour l’Europe

Cela fait aujourd’hui précisément 8 ans depuis le match aller de notre dernière confrontation européenne, face à Rosenborg à la Praille (2 août 2012). Huit années durant lesquelles nous auront tout vécu, des sombres terrains de Promotion League à ce retour en Europe. Une qualification que craignent certains pour diverses raisons (enchainement des matchs, manque de profondeur du banc). Mais 2020 n’est clairement pas 2012, et 2021 ne s’achèvera pas comme 2013.

20 mai 2012. Servette FC – FC Bâle, dernière journée d’une saison sportivement réussie des Grenat. Presqu’un an jour pour jour après la promotion face à Bellinzone, ce sont à nouveau plus de 22’000 spectateurs qui seront venus fêter une (déjà) quatrième place en championnat, synonyme de qualification en Europa League.

Sur le papier, le scénario pourrait sembler similaire à ce que nous vivons actuellement. Neuchâtel dernier, Sion en barrages et Servette européen. Dans les faits, la situation aura été quelque peu différente. Xamax, en faillite en janvier, aura achevé sa descente aux enfers après 18 matchs. L’équipe de CC, quant à elle, se sera vue infligée une pénalité de 36 points en décembre par la Ligue pour des irrégularités sur les transferts. Pénalité sans laquelle Sion aurait pu finir au 3è rang du championnat, nous privant ainsi d’une qualification européenne.

Tragique vs Magique

L’aventure en Europa League aura été de courte durée. Commencée au 2è tour contre les arméniens du FC Gandzasar Kapan et conclue au tour suivant par une élimination face à Rosenborg. Notre saison aura par la suite été cauchemardesque de bout en bout. Salaires impayés et faillite évitée de justesse avec la remise du club de Pishyar à Quennec pour 1 Euro symbolique. Et avec pour conclusion la première relégation sportive de notre histoire et un bilan famélique de 26 points en 34 matchs. Assez pour raviver aujourd’hui le spectre de cette saison chez certains, pour qui la qualification en Europa League s’apparente plus à un cadeau empoisonné.

Tout à pourtant diamétralement changé dans notre club depuis cette dernière aventure européenne. Stabilité retrouvée depuis 2015 avec des finances saines, un staff qui a la tête sur les épaules et une qualification cette fois-ci acquise sans intervention extérieure. Et contrairement à 2012, les tours de qualifications se joueront cette fois-ci en un seul match. Soit quatre matchs à gagner pour accéder à la phase de poules. Assurés d’être tête de série au premier tour, nous ne le serions plus en cas d’accession au suivant. Un deuxième tour qui verra l’entrée en lice d’équipes de tous les grands championnats européens et qui sera nettement moins à notre portée.

Une qualification pour la phase de poules serait donc un exploit qui pourrait donner à nos joueurs une expérience inestimable. De celles qui vous font passer du stade de promu enthousiasmant à celui de place forte du football suisse. Une élimination serait quant à elle aussi une forme d’apprentissage, qui ne devrait pas ébranler un groupe faisant preuve d’une telle solidarité depuis deux saisons.

L’oeuvre de tous

Cette qualification est un cadeau. Acquise avec abnégation, humilité et une envie constante de créer du jeu, peu importe l’adversaire. Elle est l’oeuvre de Geiger, qui aura guidé ce groupe sans jamais baisser les bras et en ayant toujours confiance en ses hommes. De ses joueurs, qui auront porté fièrement le maillot grenat à chacune de leurs sorties. Elle est l’oeuvre du staff, sans qui un entraineur et son équipe ne sont rien. Elle est aussi pour toute l’administration du club, son service communication d’une rare efficacité, et pour chaque personne ayant oeuvré, de près ou de loin, à notre renaissance depuis 2015.

Et elle est aussi pour nous, supporters, qui avons connu relégations administratives ou sportives et faillites. Des années tragiques de Pishyar au renouveau avec Didier Fischer, nous avons tous rêvé, parfois utopiquement, à un retour de notre club en Europe. Qu’il intervienne dès notre dès première saison en Super League est un signal fort. Contrairement à la Confédération, la place du Servette est en Europe.

POST TENEBRAS SERVETTE

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