Ultra’s Side

Ultra’s Side

Le mouvement ultra a, depuis toujours, entretenu une relation spéciale avec certaines marques. Un oeil averti pourra en effet reconnaître un ultra dans une foule uniquement par les vêtements portés. C’est dans cette aventure que se sont lancés deux supporters, entrepreneurs et autodidactes, Valentin et Julien, petits nouveaux sur le marché du textile et fondateurs de la marque Ultra’s Side.


Comment avez-vous décidé de vous lancer dans le textile?

On a toujours été intéressés par ce milieu, par la mode casual et le streetwear. Une connaissance a une boutique et est revendeur de la marque PG Wear, qui touche plus une communauté hooligan, impliquée politiquement. Et on s’est dit que si des gars arrivaient à tenir ça en Europe de l’Est on pourrait aussi le faire ici. Avec notre style et notre identité ultra.

Après il faut aussi dire qu’il y avait toujours des gens bien sapés dans tous les groupes qu’on a côtoyés. Et on aime l’idée que tu portes une marque pour affirmer ton identité. Montrer que tu fais partie d’un mouvement à travers ta façon de t’habiller. Et c’est ce que l’on recherche avec Ultra’s Side. Comme on a aussi pas mal voyagé on a pu observer la culture dans différents endroits, différentes tribunes, ça nous donne une certaine ouverture.

 
On vise clairement la niche des ultras en Suisse et en Europe, mais pas que. Ultra’s Side devrait parler à tout le monde. On a tous un côté ultra en nous, c’est un mouvement qui touche un peu tous les milieux.  C’est quelque chose qu’on a tous en nous, sans forcément faire partie du mouvement en lui-même. 

Vous avez lancé votre première collection le 31 décembre. Quels ont été les retours?
Vraiment excellent, ça a dépassé nos attentes malgré que nos plans aie été bien chamboulés par la crise sanitaire qu’on traverse actuellement. Dès le départ l’un de nos objectifs était de produire tout en Suisse. Ca offre une super qualité, mais c’est aussi des coûts beaucoup plus élevés qu’en produisant ailleurs. 

On recherchait vraiment à fournir la meilleure qualité, tout en restant dans des prix abordables. Ça réduit forcément les bénéfices, mais on pense que c’est la qualité qui nous permettra de durer.

On a donc lancé tout ça le 31 décembre et on avons pratiquement tout vendu peu de temps après. On a un peu été victimes de notre succès, comme on n’a pas pu satisfaire tout le monde, mais un réassortiment va bientôt arriver. Il faut aussi préciser qu’on est totalement autodidactes. C’est encore un peu de l’artisanat, on n’a pas une grosse chaine de production.

Après on a certains points sur lesquels on doit encore bosser. Un truc tout bête ce sont les étiquettes. On n’a pas d’étiquettes personnalisées parce que ça nous aurait coûté beaucoup trop cher à produire. C’est des petites choses sur lesquelles on va encore s’améliorer par la suite.

Vous ne vendez pour le moment et par la force des choses que sur internet.

Oui mais on a vraiment envie de faire de la vente au comptant. On aimerait d’ailleurs organiser des événements, mais ça ne sera possible qu’une fois qu’on aura passé cette crise sanitaire.

C’est sûr qu’on est pénalisé d’un certain côté de ne pas avoir cette relation client, que nous n’avons que via les réseaux sociaux. On attend vraiment la fin du COVID pour pouvoir aller présenter directement notre travail.

Au final on pourra se dire qu’on aura vécu une situation difficile dès le lancement de la marque. Si on a réussi à aller au bout de notre projet dans ces conditions ça sera aussi la preuve qu’en le voulant vraiment on peut toujours y arriver, malgré le contexte actuel.

Quand est-ce que vous comptez sortir une nouvelle collection et à quoi pourra-t-on s’attendre?

Ça arrivera au printemps, début d’été et ça sera forcément plus léger. Il y aura des t-shirts, des shorts peut-être aussi des pantalons. Mais tout ça est encore en discussions. Nous sommes satisfaits de nos produits, mais on a besoin de fournisseurs qui pourraient travailler plus rapidement.

On a aussi beaucoup d’autres projets pour la suite. On compte sortir une collection par saison. Et puis on attend aussi beaucoup la réouverture des stades, ça pourrait encore un peu plus booster le projet. Rien que pour les réseaux sociaux, c’est compliqué pour nous de rester consistants en ce moment. On aimerait pouvoir partager des photos des gens. On en a déjà reçu pas mal, merci à eux d’ailleurs, mais souvent le cadre ne se prête pas vraiment à notre page et à notre identité.

Vous parlez des réseaux sociaux, sur lesquels on peut trouver une multitude de pages consacrées au mouvement ultra en Europe qui regroupent des centaines de milliers d’abonnés. Est-ce que ce genre de pages pourraient vous aider?

C’est un peu compliqué, parce que ceux qui tiennent ces comptes sont en majorité là pour faire du business. La notion de partage qui nous est chère, le fait d’avoir une passion en commun, ils s’en tapent. C’est vraiment du business pur et dur.

Il y a d’ailleurs une page qu’on ne citera pas et qui nous demandait 1’500 euros pour qu’ils publient une story sur Instagram. Alors OK ils ont plus de 100’000 abonnés, mais ce n’est pas le même esprit que nous au final. Et puis on ne va pas se mentir, pour le moment on ne pourrait pas se permettre d’avoir une énorme demande. On n’arriverait pas à suivre. Donc on a vraiment pris le parti de se concentrer sur la qualité plutôt que la quantité.

Et puis on a déjà près de 300 abonnés sur Instagram, ce qui n’est pas rien. C’est 300 clients potentiels. On a aussi remarqué que beaucoup de gens qui ne nous suivent pas consultent régulièrement nos stories, et que certains ont même passé commande. La portée des réseaux sociaux est vraiment énorme.

Vous êtes rentrés dans vos frais avec cette première collection?

Non, il va falloir qu’on re-injecte de l’argent, mais c’était prévu. Entre la construction du site, les frais audiovisuels, les modalités de paiement, c’est des dépenses que tu dois faire dès le départ. Après ça rentrera dans les frais généraux mais pour l’instant c’est un investissement personnel.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite?

Notre objectif est vraiment que Ultra’s Side soit reconnu comme une marque à part entière d’ici 4 à 5 ans. Continuer à proposer des produits originaux, avec notre propre identité. Et que cette situation se finisse, qu’on puisse retourner au stade!

On tient également à remercier toutes les personnes, sociétés ou organismes qui nous ont fait confiance et soutenu depuis le début de ce projet.

Retrouvez Ultra’s Side sur :

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